Connaissez-vous le musée Cernuschi ? Non loin du parc Monceau, il a ouvert ses portes il y a cent vingt ans. Derrière sa façace néoclassique, cet hôtel particulier abrite un espace majestueux aux proportions d’un temple asiatique. En son centre, trônant au milieu des collections, se trouvait un bouddha monumental au pied duquel on avait disposé des brûle-parfums. Et pour
cause, Henri Cernuschi avait pu observer ces objets et les pratiques rituelles lors de son voyage en Asie, entre 1871 et 1873.

En abordant la Chine impériale, il a découvert la culture de l’encens et des parfums, héritière de traditions plus de deux fois millénaires. Il a légué sa collection d’objets liés à l’encens à la ville de Paris à l’origine de l’exposition « Parfums de Chine ». On découvre alors à quel point les nombreuses pratiques rituelles ou profanes attachées à l’encens ont laissé une empreinte considérable dans la culture chinoise. Au cœur des pratiques liturgiques, indissociable d’un certain art de vivre, l’encens a également inspiré de nombreux artistes : bronziers, céramistes, laqueurs, sculpteurs sur jade ou sur bambou, etc. Mais aussi peintres et calligraphes, savants et poètes, alchimistes et herboristes.

Pendant longtemps, la culture de l’encens était reliée au sacré. C’est ainsi qu’il était utilisé pour chasser les influences maléfiques. Puis, l’apparition des bois et résines (bois de santal, camphre, benjoin, l’encens) du Moyen Orient et de l’Asie du Sud-Est a permis à la cour, l’élaboration de parfums exotiques…

Cette exposition inédite s’intéresse donc à l’art de l’encens et du parfum en Chine depuis le III siècle avant notre ère, jusqu’au XIX siècle. On peut y découvrir 110 objets d’art, sentir des parfums exclusifs, travaillés par François Demachy, le parfumeur-créateur de Dior Parfums.

Parfums de Chine, la culture de l’encens au temps des Empereurs : un parcours historique et olfactif à faire jusqu’au 26 août. 7 Avenue Velasquez, 75008 Paris.