CHANTAL SANIER « Odeurs de Sainteté » expose SUBODORE *

La créatrice de parfums, Chantal Sanier ouvre sa première boutique dans les jardins du Palais Royal – 15 Galerie Montpensier. Occasion de rencontrer cette créatrice inspirée et sa marque Odeurs de Sainteté.

Chantal a cherché à faire revivre certaines de ces émotions par le truchement des odeurs. Elle a conçu et réalisé dix histoires olfactives reposant dans dix sphères de terre cuite installées dans le Grand Musée du Parfum jusqu’au 11 février 2018. Conçue et réalisé pour le Jardin du Palais Royal et les monuments nationaux, cette installation est une invitation à voyager dans le temps.

Sont alors évoquées anecdotes et caprices singuliers de personnages marquants du XVIIème et XVIIIème siècles : passion, sexe, argent et pouvoir… Venez respirer Louis XIV et son Désarroi d’enfant Roi, Les Peaux d’Anne d’Autriche, et Les Riches Lieux du Cardinal…

Rencontre avec une alchimiste du parfum qui ambitionne de recréer le lien entre l’humain et le végétal, donner à rêver et partager de la joie à travers les senteurs. « Je me suis longtemps nourrie de la dimension séductrice et érotique du parfum. Il y a quinze ans, je me suis dit que ce serait dommage de ne laisser au parfum que cette trace… On a oublié l’aspect thérapeutique et spirituel du parfum ».

Cette terre, découverte par hasard autour de Montpellier il y a six ans, en cherchant une maison, est devenue la muse de Chantal. Sous sa marque Odeurs de Sainteté, elle explore tout ce que lui offre le végétal et les plantes qui poussent sans eau. « J’aime la plante avant de connaître son nom ». Là bas, habitée d’une vorace curiosité, Chantal se laisse aspirer par la rude richesse du lieu.

A Paris, elle crée ses parfums, inspirée par les lumières matinales de la capitale, exigeante et perfectionniste, sensible au monde qui l’entoure : « Je crée en permanence ; je recherche les paradoxes des lieux, des choses… ». Sa démarche est artistique et en repartant du végétal, son métier de parfumeur évolue, s’enrichit de nouvelles rencontres : « Ce sont mes clients qui me redonnent à penser. On est dans le lien permanent entre le végétal et l’humain. Je vois la correspondance entre le végétal et la personne, nos échanges. Je puise aussi l’inspiration dans les moments de silence. J’aime raconter une histoire »

Ainsi est née sa collection de neuf fragrances « composées autour d’absolues, d’huiles essentielles et d’alcool bio, il faut les consommer différemment, prendre le temps de les respirer vraiment, les ressentir, les essayer, attendre raconte la créatrice ». Souvent une goutte suffit pour apporter un supplément d’intensité à l’instant présent.

Odeurs, effluves, parfums sont omniprésents dans la vie de la créatrice qui en parlent en évoquant discrètement mais sensiblement leur dimension spirituelle que sa terre aride et riche en végétaux lui offre : « Ici le ciel touche la terre : on touche ici le cœur la création… »

Silence… « J’ai d’autres ciels comme référence, chuchote-t-elle »… On n’en saura pas plus.

Retour à Paris, chez elle, où elle crée. Après Sciences Po, puis Publicis elle a fondé ma propre agence et passé de longues années sur l’aspect visuel et esthétique du parfum pour les grandes marques de luxe. Puis le rêve d’un parfum différent s’est imposé, au terme d’une longue quête créative et expérimentale. « A côté de Montpellier, un plateau de roches arides sur 600ha d’un matorral rugueux et sauvage s’offre à triturer : ade, pistachier, buplèvre, thym, ciste, lavande et genévrier. Mon frère pharmacien me prête assistance ainsi que des amis de la faculté de Montpellier. Me voilà frappée d’une amnésie de presque deux siècles, à ainsi travailler avec les descendants des épiciers apothicaires ! » raconte-t-elle. Elle poursuit « Je n’ai rien contre la chimie mais les matières synthétiques ne me parlent pas. Les essences naturelles contiennent tellement de sens, elles nous dépassent, elles nous reconnectent avec le sacré ».

De nombreuses années ont passé … pour trouver l’expression juste de ses essences. Neuf parfums atypiques conçus uniquement à partir de matières naturelles. Sont nés L’Homme Quantique, L’Amer Supérieure, Sainte Nitouche. Des noms sublimes, des compositions lunaires et des flacons originaux. Tout est rattaché au sacré, comme l’âme de ses créations.

Pour devenir prière, méditation ; comme si le parfum se faisait tout seul, et qu’il fallait juste rester silencieux pour participer au processus de transformation et de métamorphose laisser avec le temps advenir la douceur.

* SUBODORER

Sentir par intuition quelque chose qui est caché, latent.

Synonymes : deviner, se douter de, flairer, pressentir, soupçonner.

SUBODORE ou l’art du flair

« Le poète est celui qui peut jouer de la harpe sans cordes et peut répondre à ceux qui prétendent n’avoir rien entendu » Lao Tseu