“Tout est lumière, tout est joie”… Cette citation de Victor Hugo résonne dans ce lieu hors du temps, perché au-dessus de la capitale de la parfumerie.

En effet, il existe un écrin de verdure suspendu aux nuages de la ville, à l’abri des regards, où déesses et dieux figés et immortels sourient au soleil.
Derrière la grille dissimulée, tous les sens s’affolent, soudain euphoriques à la vue d’un tel spectacle : une bâtisse centenaire entourée d’un luxuriant décor à l’ambiance florentine.
Sur scène, des arbres, des plantes, des fleurs, des pierres, des statues, des couleurs, des ombres, des lumières. Ils jouent une symphonie olfactive aux silences inachevés, aux notes rebondissantes, aux reflets inégalés.

L’oreille frémit de tant de jubilation offerte par dame nature. Le nez capte ces instants de bonheur aux facettes chatoyantes. Le regard bondit de branches en pétales, de déesses en lianes, de fontaines en putti, de murets en escaliers, se faufilant dans ce dédale luxuriant dompté avec délicatesse.

L’œuvre divine remise entre les mains des hommes se laisse admirer en ce Jardin d’Art parfumé, secret, préservé, offert ici en un généreux ouvrage illustré.

Les photos sont des invitations à une escapade sensorielle ; les textes, poèmes inspirés des lieux, transportent d’un recoin à un autre.

Les mots jaillissent en échos aux fleurs et à leur parfum. Touchée et inspirée, l’auteur laisse vagabonder ses sens pour partager avec générosité tous ces instants précieux.

L’écrivain et poète Rafaëla Capraruolo, a arpenté ce jardin grassois et secret durant deux ans, à la demande des propriétaires, captant les trésors chatoyants, ses sens en éveil d’une saison à l’autre : cet “album” est né de ses déambulations émues.

Appareil photo et inspiration en bandoulière, elle nous livre ici des photos de toute beauté accompagnées de textes délicats aux facettes poétiques et mythologiques.

Pour le plus grand plaisir des yeux et du nez !

Nul doute que Baudelaire n’est jamais très loin quand on évoque les mots et le parfum. Ce poème en est l’illustration ;

Le Parfum
Lecteur, as-tu quelques fois respiré
Avec ivresse et lente gourmandise
Ce grain d’encens qui remplit une église,
Ou d’un sachet, le musc invétéré ?
Charme profond, magique, dont nous grise
Dans le présent, le passé adoré
Du souvenir cueillie la fleur exquise.
De ses cheveux élastiques et lourds
Vivant sachet, encensoir de l’alcôve,
Une senteur montante, sauvage et fauve.
Et des habits, mousseline en velours
Tout imprégné de sa jeunesse pure,
Se dégageait un parfum de fourrure.
Charles Baudelaire,
« Les Fleurs du Mal »