Interviewé sur RTS, télévision Suisse, Alberto Morillas, maître parfumeur chez Firmenich, raconte ses parfums, le processus créatif et sa fascination pour les émotions, avec talent, sourire et modestie

https://www.rts.ch/play/tv/pardonnez-moi/video/alberto-morillas?id=10771616

Morceaux choisis :

Avec un parfum, on peut prendre l’âme ou l’amour de quelqu’un.

J’ai la nostalgie des odeurs de mon enfance, celle de l’eau du puits dans le patio familial à Séville.

J’ai des milliers d’odeurs dans ma mémoire mais je les dompte et je n’utilise que certaines, telle une palette, comme le peintre et ses couleurs.

Les odeurs, c’est la vie : elles intriguent et stimulent nos pensées; l’odeur du sale peut être mystérieuse.

La perfection est très ennuyeuse.

Le parfumeur seul dans son laboratoire est hors du temps : il faut vivre le moment dans la rue…

Il faut surprendre tous les jours

Quand je crée, je ne vois pas le côté figuratif : c’est une émotion. Un sentiment parfois. Mais trouver l’accord qui vous surprend et le ressentir le lendemain sur un papier et… ça se construit; comme un architecte. C’est impalpable.

Le côté daté de certains parfums (qui ont cent ans..) peut être charmant. Aujourd’hui, on aime les parfums plus modernes avec plus de lumière.

J’essaie d’amener une deuxième peau. Avec mon écriture, par certains muscs, je veux retrouver cette fraîcheur, la luminosité d’une peau, de l’âme.

“Il faut penser comme un artiste et vivre comme un bourgeois” disait Picasso. Il faut être terre et terre et créateur en même temps…

Je crée avec beaucoup d’âme.

Emission de RTS le 13 octobre 2019